Les hyènes médiatiques hurlent, la caravane populaire fonce vers le Socialisme



Durant la campagne électorale pour les élections présidentielles de 2006, le président Hugo Chavez avait invité les vénézuéliens à poursuivre la construction du Socialisme. Au soir des élections, le Peuple le ratifiait dans cette voie par 62,84% des voix.

Pour satisfaire cette demande populaire, il devenait désormais incontournable de modifier certains articles de la Constitution de la République Bolivarienne du Venezuela. En effet, celle-ci reste une des plus progressistes au Monde. Mais certains de ses articles, élaborés dans un contexte où la construction du Socialisme n'était pas aussi définie qu'aujourd'hui, sont devenus une entrave à la réalisation du Pouvoir Populaire, du nouveau Modèle productif, de la nouvelle géométrie du pouvoir, base du Socialisme vénézuélien.

Il ne s'agit pas de réécrire une Constitution, mais de modifier quelques 33 articles sur les 350 (soit moins de 10%) que compte la Constitution de la Ve République vénézuélienne.

Le 15 août dernier, une nouvelle expectative s'est ouverte pour le Peuple vénézuélien. Ce jour-là, Hugo Chavez, remettait à l'Assemblée Nationale, le projet de réforme sur lequel ont travaillé un groupe de sages convoqué par le Président.

Depuis lors, le Peuple vénézuélien à travers les Conseils Communaux, les Conseils du Pouvoir Populaire Etudiant, Paysans ou Ouvrier, ou encore lors des réunions des cellules du nouveau Parti organique de la Révolution (le Parti Socialiste Uni du Venezuela) et des deux partis qui appuient le processus sans s'être dissous (le Parti Communiste du Venezuela et le parti Patrie Pour Tous) s'est mobilisé pour analyser et débattre de cette amélioration de la Constitution de la République Bolivarienne du Venezuela.

Une campagne de désinformation internationale

Bille en tête, les grandes entreprises de communication capitalistes sont montées à l'assaut pour désinformer les Peuples du monde sur le véritable enjeu social que représente la Réforme de la Constitution du Venezuela. Occultant son véritable contenu, une poignée de mercenaires communicationnels acquis à la cause du Capital s'est faite le relais de l'opposition fasciste et putchiste vénézuélienne, elle-même porte-parole des intérêts de Washington.






Ainsi, la réforme serait "une menace pour la démocratie", "une militarisation du Venezuela", "un danger pour la stabilité régionale", "le règne infini d'Hugo Chavez sur le pays", "la fin de la propriété privée et l'instauration d'une dictature marxiste", etc, etc.

De quoi s'agit-il vraiment ?

De donner les moyens constitutionnels à la réalisation d'un Pouvoir Populaire total, en transformant l'aménagement du territoire à cette fin, et en faisant du Peuple organisé et de l'Etat, les principaux moteurs de l'activité économique.

Approfondissement du Pouvoir Populaire

L'évolution vers un modèle Socialiste nouveau s'est accentuée au Venezuela depuis l'année 2005. La démocratie participative, la distribution grandissante du Pouvoir aux citoyens, et l'organisation en multiples comités de quartiers étaient déjà une réalité de la Révolution Bolivarienne. Désormais, le Pouvoir Populaire est inscrit dans la Constitution comme partie intégrante des autres instances du Pouvoir public. Et il s'exprime à travers les organes locaux constitués par le Peuple. Le Conseil Communal, forme la plus aboutie des différentes expériences participatives qu'a connu la Révolution Bolivarienne, est l'outil par excellence où s'exerce les assemblés de citoyens afin de pratiquer la démocratie participative. Ces Conseils Communaux, qui regroupent les personnes du voisinage, recevront désormais la faculté d'exercer les pouvoirs attribués jusqu'alors aux départements et aux régions. Cette forme de démocratie directe et de gestion participative est aussi le meilleur rempart à la corruption.

Réorganisation territoriale

Afin d'organiser territorialement le travail des Communautés de voisinage, une refonte de la géographie du pouvoir est instituée par la réforme Constitutionnelle. L'inversement de la pyramide du pouvoir implique une réorganisation territoriale qui parte de la base. Ainsi, le regroupement des communautés donnera naissance à la Commune, le regroupement de plusieurs d'entre elles formera une Ville, désormais qualifiée comme "l'unité politique primaire" avant le département. Mais la création de la Ville est d'abord l'œuvre du Peuple regroupé dans ses Conseils Communaux et jouissant de véritables dispositions de gestion et d'administration. La création de chaque ville sera soumise à la convocation de ses habitants à un referendum.

L'économie au service du Peuple

Cette volonté de disséminer le pouvoir est l'enjeu véritable de la Réforme constitutionnelle. Cela s'appliquera aussi à la construction du nouveau modèle productif socialiste. En effet, si la propriété privée n'est pas interdite, elle devra dorénavant côtoyer d'autre type de propriétés reconnues par la réforme constitutionnelle : la propriété publique, collective, mixte et sociale. La figure de la propriété sociale est d'une importance capitale, car il s'agit de la propriété exercée par les Communautés ou les Communes. Autrement dit, le moyen de production qui permet le développement économique des Communautés. Une entreprise de propriété sociale pourra directement être administrée par le Conseil Communal au sein de l'espace territoriale aménagé par la Réforme constitutionnelle.

L'Etat créera "un fond de stabilité sociale pour les travailleurs et travailleuses indépendant(e)s" afin que ceux-ci puissent jouir des mêmes droits que les autres travailleurs : retraites, pensions, vacances, congé prénatal et post natal. De plus, la journée de travail est abaissée à 6 heures par jour et 35 heures par semaine afin de laisser aux travailleurs un espace de temps libre suffisant pour son développement intégral : éducation, culture, sport, récréation, etc.

Afin d'être en adéquation avec les objectifs économiques de développement fixé par le gouvernement, la Banque Centrale Vénézuélienne sera désormais dépendante de l'Exécutif national. De même, les réserves nationales seront-elles aussi déterminés conjointement par le chef de l'Etat et la Banque Centrale Vénézuélienne. L'excédent des réserves nationales nécessaires à l'économie sera destiné à l'appareil productif, l'infrastructure et le financement des Missions Sociales. Autrement dit, la Banque Centrale Vénézuélienne sera placée directement au service des intérêts économiques de la Nation et de la réduction des inégalités.

Au Peuple vénézuélien de décider ce qui bon pour le Peuple vénézuélien

La campagne médiatique infâme que livrent les entreprises de communication capitalistes au niveau international est un fidèle écho du matraquage que subissent les citoyens vénézuéliens dans leur pays. Malgré cela, l'étude et l'analyse collective des améliorations de la Réforme constitutionnelle porteront sans aucun doute leurs fruits chez des citoyens aguerris à la guerre psychologique. Le Référendum populaire qui décidera du sort de la Réforme constitutionnelle pourrait bien s'apparenter, encore une fois, à un triomphe de la volonté des Peuples sur le dogme néo-libéral.